Le principe : s'éloigner d'un cran de la place

La place Sultanahmet, entre Sainte-Sophie et la Mosquée Bleue

Les restaurants les plus visibles sont ceux qui donnent sur la place Sultanahmet, sur l'avenue Divanyolu et dans les rues qui descendent vers la mer. Ils paient des loyers élevés et comptent sur des clients de passage : la carte est longue, les photos de plats sont grandes, un serveur vous invite à entrer. Cela ne veut pas dire que tout y est mauvais, mais l'écart entre l'emplacement et l'assiette y est le plus fort de la ville.

Une règle simple : marchez quelques minutes. Dès que vous quittez les abords immédiats de Sainte-Sophie et de la Mosquée Bleue, les clients sont plus souvent des habitants, des étudiants et des employés du quartier, et les cartes plus courtes.

Divanyolu : köfte, pide et lokantas

La façade du Tarihi Sultanahmet Köftecisi, sur Divanyolu

L'avenue Divanyolu, suivie par le tramway T1 entre Sultanahmet et Çemberlitaş, est la rue de restauration la plus pratique du quartier. On y trouve trois types d'adresses :

  • Les maisons de köfte : boulettes grillées servies avec haricots blancs (kuru fasulye), salade de piyaz et pain. Le Tarihi Sultanahmet Köftecisi (Selim Usta), ouvert depuis 1920 sur Divanyolu, est une institution du quartier ; vérifiez ses horaires avant d'y aller.
  • Les lokantas : restaurants de plats mijotés présentés en vitrine. Vous montrez ce que vous voulez, vous voyez la portion avant de payer.
  • Les pide et lahmacun : galettes de pâte garnies, cuites au four à bois, un déjeuner rapide.

Sur la même avenue, le Pudding Shop, ouvert depuis les années 1950, fut une étape célèbre des routards sur la route d'Asie. Il vaut surtout pour son histoire ; ne le choisissez pas pour le menu.

Akbıyık et Cankurtaran : terrasses du soir

Au sud-est de la Mosquée Bleue, autour d'Akbıyık Caddesi et de Cankurtaran, ce quartier d'hôtels et d'auberges concentre terrasses, cafés et bars plus détendus. Beaucoup de toits-terrasses offrent une vue sur la Mosquée Bleue ou sur Sainte-Sophie. Le cadre justifie souvent les boissons plus que la cuisine : pour un dîner complet, redescendez vers les lokantas de Divanyolu ou de Sirkeci. L'alcool est servi dans la plupart de ces adresses ; notre guide alcool à Istanbul en rappelle les règles.

Hocapaşa et Sirkeci : le côté des habitants

À dix minutes à pied de Sainte-Sophie, derrière la gare de Sirkeci, la rue Hocapaşa Sokak et ses voisines alignent des lokantas, des restaurants de pide et quelques meyhanes (tavernes) où déjeunent les employés du quartier. Les cartes y sont plus courtes et les clients plus souvent turcs. Hafız Mustafa, pâtisserie historique de Sirkeci, est le bon endroit pour le baklava et le lokum : voyez les pâtisseries et le baklava.

Autour de Topkapı et de Gülhane

Les jardins du parc de Gülhane, à l'entrée du palais de Topkapı, offrent des tables en plein air et des kiosques à thé à l'ombre. C'est un bon endroit pour une pause entre les deux visites, sans repas complet. Des carrioles à simit (pain en anneau au sésame) et à maïs grillé stationnent aussi sur la place, pour un en-cas rapide.

Les pièges à connaître

  • Le rabatteur qui vous accueille dans votre langue : il propose un « menu spécial » ou une « table avec vue ». Ne vous laissez pas guider ; regardez vous-même la carte affichée.
  • Pas de prix sur la carte : si vous ne voyez pas le prix des plats, des boissons ou du poisson (souvent facturé au poids), demandez-le avant de commander.
  • Les pains et mezze apportés sans demande : à la table, ils sont généralement facturés si vous les consommez. Refusez ce que vous ne voulez pas.
  • Le service et le couvert : certaines additions comprennent un service ou un couvert ; vérifiez la ligne avant de laisser un pourboire. Notre guide argent, paiement et pourboire à Istanbul détaille les usages.
  • Les « menus touristiques » à prix fixe : souvent copieux, rarement meilleurs qu'une assiette commandée à la carte dans une lokanta.
  • Le poisson à la pièce : demandez le prix au kilo et le poids avant que le poisson soit cuit.

Aucun prix de restaurant n'est indiqué ici : les cartes changent plusieurs fois par an, et nous ne citons que ce qui peut être vérifié sur place.

Où manger selon le moment

  1. Petit-déjeuner : un petit-déjeuner turc complet se prend à l'hôtel ou dans une adresse spécialisée ; voir le petit-déjeuner turc à Istanbul.
  2. Déjeuner rapide : lokanta ou maison de köfte sur Divanyolu, ou un simit et un thé sur la place.
  3. Pause thé : une maison de thé autour du parc de Sultanahmet ou dans les jardins de Gülhane.
  4. Dîner : une terrasse à Akbıyık pour la vue, ou une meyhane à Sirkeci pour une soirée plus locale.

Conseils pratiques

Réservez le dîner si vous visez une terrasse avec vue, surtout le week-end et en haute saison. Les mosquées ferment aux visiteurs pendant les cinq prières, le vendredi midi plus longtemps : calez votre déjeuner sur ces créneaux plutôt que d'attendre à la porte.

Pour aller plus loin

Pour combiner la visite et le repas, voyez Sultanahmet : que voir dans la vieille ville et autour de Sainte-Sophie, à pied en dix minutes. Les fiches de Sainte-Sophie et de la Mosquée Bleue donnent horaires et accès, et notre guide arnaques et sécurité à Istanbul détaille les pièges de la place.