Que rapporter d'Istanbul
Les meilleurs achats sont ceux qu'on ne trouve pas, ou pas au même prix, chez soi : produits de bouche, artisanat textile, céramiques et objets en métal. Voici les principaux, avec ce qu'il faut savoir avant de payer.
Loukoums et baklavas

Le loukoum (lokum) est le souvenir le plus vendu de la ville. Il se vend au poids, nature, à la rose, à la pistache, à la noisette ou en rouleaux saupoudrés de noix de coco. Deux maisons historiques ont pignon sur rue à Eminönü : Ali Muhiddin Hacı Bekir, fondée en 1777 et toujours installée rue Hamidiye, à Bahçekapı, à qui l'on attribue le loukoum moderne à base d'amidon ; et Hafız Mustafa, fondée en 1864, dont la boutique historique fait face à la gare de Sirkeci. Les deux ont des succursales dans d'autres quartiers.
Goûtez avant d'acheter, demandez le prix au kilo avant de faire peser et préférez les boîtes scellées pour le voyage. Le baklava se transporte aussi, dans les boîtes hermétiques que proposent les pâtissiers. Karaköy Güllüoğlu, qui a ouvert en 1949 la première boutique de baklava d'Istanbul, est présenté dans notre guide de Galata et Karaköy.
Épices, thé et café turc
Le bazar égyptien est l'adresse classique pour les épices : piment pul biber, sumac, isot (piment noir d'Urfa), mélanges pour köfte. Faites mettre vos achats sous vide, comme le proposent la plupart des boutiques. Méfiez-vous du « safran » bon marché, souvent du carthame, et des thés « de l'amour » ou « ottomans », des mélanges aromatisés pour touristes.
Le thé que boivent les Turcs est un thé noir cultivé autour de Rize, sur la côte de la mer Noire, vendu en vrac dans les supermarchés et les épiceries ; la marque publique Çaykur est la plus répandue. Pour le café turc, la maison Kurukahveci Mehmet Efendi torréfie et moud depuis 1871 dans la rue Tahmis, à la sortie ouest du bazar égyptien ; ajoutez une cezve, la petite casserole à long manche qui sert à le préparer.
Céramiques et objets décorés

Assiettes, bols, carreaux et vases décorés de tulipes, d'œillets et d'arabesques reprennent les motifs des faïences d'Iznik, que l'on voit dans les mosquées comme la mosquée Rüstem Pacha. La qualité varie énormément : une pièce peinte à la main se reconnaît aux légères irrégularités du trait et au revers soigné, un décor imprimé par décalcomanie à ses contours parfaitement réguliers. Les pièces peintes à la main coûtent nettement plus cher ; comparez plusieurs boutiques avant de vous décider. Emballez-les dans vos vêtements, en bagage cabine si possible.
Textiles : peştemal, foulards et kilims
La peştemal, serviette de hammam en coton tissé à plat, est légère, sèche vite et sert aussi de paréo ou de nappe : c'est l'un des souvenirs les plus pratiques. Si vous comptez aller au hammam, notre guide des meilleurs hammams d'Istanbul vous dira à quoi elle sert sur place. On trouve aussi des foulards, des nappes brodées et des kilims, ces tapis tissés à plat, plus légers et moins chers que les tapis noués, faciles à plier dans une valise.
Tapis
Un tapis noué à la main est un achat important, qui se prépare. Retournez-le : sur un tapis noué main, les nœuds sont visibles au dos et légèrement irréguliers, alors qu'un tapis fait à la machine présente un dos parfaitement uniforme. Demandez la matière (laine, soie, coton), la région d'origine, l'âge et la densité de nœuds, et faites tout inscrire sur la facture. Pour voir de très beaux tapis avant d'en acheter, la collection du musée des Arts turcs et islamiques, sur l'Hippodrome, est la meilleure école.
Les boutiques proposent souvent l'envoi à domicile. Ne payez jamais un tapis que vous n'emportez pas si vous ne connaissez pas la boutique : c'est l'une des arnaques décrites dans notre guide arnaques et sécurité à Istanbul. Pour un tapis ancien, lisez aussi la section sur la douane plus bas.
Lampes, cuivre, verre et petits objets
Les lampes en mosaïque de verre coloré, la vaisselle en cuivre martelé, les verres à thé en forme de tulipe et le nazar boncuk, l'œil bleu censé protéger du mauvais œil, sont les petits souvenirs les plus courants. Pour la verrerie de table, les magasins Paşabahçe, la grande marque turque de verre, en proposent à prix fixes, notamment dans le centre culturel Atatürk (AKM), place Taksim.
Bijoux et or
L'or se vend au poids, selon le cours du jour, auquel s'ajoute le façonnage : c'est sur ce dernier que porte la négociation. Les bijoutiers du Grand Bazar se concentrent le long de la rue Kalpakçılarbaşı. Exigez une facture indiquant le poids et le titre de l'or.
Où acheter : bazars, marchés et quartiers
Le Grand Bazar
Le Grand Bazar (Kapalıçarşı) réunit environ 3 600 boutiques : bijoux, tapis, céramiques, lampes, cuir, textiles. Il ouvre du lundi au samedi, de 8h30 à 19h, et ferme le dimanche. Allez-y tôt le matin, en semaine, et prenez le temps de comparer. Juste à côté, entre la porte des Fesçiler et la mosquée de Beyazıt, le marché des bouquinistes (Sahaflar Çarşısı) vend livres anciens et récents, gravures et cartes.
Le bazar égyptien et Eminönü
Le bazar égyptien (Mısır Çarşısı) est ouvert tous les jours : épices, loukoums, fruits secs, thés. Les rues qui l'entourent, plus fréquentées par les Stambouliotes, ajoutent fromages, olives, ustensiles de cuisine et les maisons de café et de confiserie citées plus haut. Entre les deux bazars, les rues en pente de Mahmutpaşa sont le domaine du commerce de gros et des textiles bon marché.
L'Arasta Bazar, à Sultanahmet

Derrière la Mosquée Bleue, l'Arasta Bazar aligne environ quatre-vingts boutiques de tapis, de céramiques, de textiles et de souvenirs dans une rue couverte du XVIIe siècle restaurée, plus calme que le Grand Bazar. Pratique si vous logez dans le quartier ; voir notre guide de Sultanahmet.
Antiquités et brocante : Çukurcuma et Feriköy
À Beyoğlu, au sud de l'avenue İstiklal, les rues de Çukurcuma comptent de nombreux antiquaires : objets en métal, verrerie, calligraphies, mobilier, photographies anciennes. Le quartier est aussi celui du Musée de l'Innocence. Le dimanche, le marché aux antiquités de Feriköy, à Bomonti (Şişli), réunit plus de 400 stands de 9h à 18h : disques, montres, bijoux, objets du quotidien d'autrefois.
Kadıköy, sur la rive asiatique
Le marché de Kadıköy, derrière les embarcadères, est un marché de quartier en activité tous les jours : épiceries fines, fromages, olives, café, loukoums, à des prix plus locaux que ceux des bazars historiques. Le grand marché hebdomadaire, le Salı Pazarı, se tient à Hasanpaşa : alimentation le mardi, textile et accessoires le vendredi. Tout est détaillé dans notre guide de Kadıköy.
Mode et centres commerciaux
Pour la mode et les marques, l'avenue İstiklal aligne enseignes de prêt-à-porter et anciens passages, et Nişantaşı concentre les boutiques de luxe et les créateurs turcs. Parmi les grands centres commerciaux, Zorlu Center, accessible à pied depuis l'arrêt de métrobus Zincirlikuyu, ouvre tous les jours de 10h à 22h. Les prix y sont fixes, la carte bancaire acceptée partout et la détaxe souvent proposée.
Tableau récapitulatif : que rapporter et où
| Souvenir | Où l'acheter | Conseil |
|---|---|---|
| Loukoums | Hacı Bekir, Hafız Mustafa, bazar égyptien | Goûter, prix au kilo, boîte scellée |
| Épices | Bazar égyptien, marché de Kadıköy | Sous vide ; se méfier du faux safran |
| Thé et café turc | Supermarchés, Kurukahveci Mehmet Efendi | Thé de Rize en vrac ; café moulu du jour |
| Céramiques | Grand Bazar, Arasta Bazar | Peint main ou décalcomanie : regarder le trait |
| Peştemal, kilims | Grand Bazar, Arasta Bazar | Légers et faciles à transporter |
| Tapis noué main | Grand Bazar, Arasta Bazar | Facture détaillée ; certificat si ancien |
| Bijoux en or | Grand Bazar (Kalpakçılarbaşı) | Poids et titre sur la facture |
| Antiquités, brocante | Çukurcuma, Feriköy (dimanche) | Pas d'objet ancien sans document de sortie |
| Mode | İstiklal, Nişantaşı, Zorlu Center | Prix fixes ; demander la détaxe |
Horaires et règles constatés en octobre 2026.
Marchander et payer
Le marchandage est normal dans les bazars et les boutiques de souvenirs, beaucoup moins ailleurs : on ne négocie pas dans les supermarchés, les chaînes ni les boutiques à prix affichés. Demandez le prix dans deux ou trois boutiques, faites une contre-offre nettement plus basse et rapprochez-vous calmement ; n'entamez pas de négociation si vous n'avez pas l'intention d'acheter. Payez en livres turques, pas en euros, et refusez la conversion dans votre devise sur le terminal de paiement. Le détail des moyens de paiement et du pourboire figure dans notre guide argent, paiement et pourboire à Istanbul.
La détaxe (Tax Free)
Les visiteurs qui ne résident pas en Turquie peuvent se faire rembourser la TVA turque (KDV) sur les achats faits dans les magasins affichant le logo Tax Free :
- Le seuil est de 1 000 TL d'achat sur une même facture, dans un même magasin (seuil constaté en octobre 2026).
- Présentez votre passeport au moment de l'achat : le magasin émet une facture de détaxe à votre nom.
- Les articles doivent quitter la Turquie dans les trois mois suivant l'achat.
- À l'aéroport, faites viser la facture par la douane avant l'enregistrement si l'article voyage en soute, après le contrôle des passeports s'il est en cabine ; gardez l'article neuf et accessible, il peut être demandé.
- Le remboursement se fait aux comptoirs des opérateurs (Global Blue, Planet), à l'aéroport d'Istanbul comme à Sabiha Gökçen.
La TVA est de 10 % sur les vêtements, les chaussures et le cuir, et de 20 % sur la plupart des autres articles (bijoux, cosmétiques, électronique, objets de décoration). Une fois la commission de l'opérateur déduite, le remboursement net est inférieur au taux de TVA.
Douane : tapis anciens, antiquités et produits alimentaires
À la sortie de Turquie, la loi interdit l'exportation des biens culturels : objets anciens, monnaies, icônes, céramiques ou tapis d'époque. Pour un tapis ou un objet qui paraît ancien, demandez au vendeur un document attestant, après expertise d'un musée, qu'il ne s'agit pas d'un bien culturel protégé, et gardez la facture. Sans ces papiers, l'objet peut être saisi à l'aéroport et son propriétaire poursuivi. Les antiquaires sérieux de Çukurcuma ou du Grand Bazar connaissent la démarche.
À l'arrivée en France (et dans le reste de l'Union européenne), un voyageur de 15 ans ou plus arrivant en avion peut rapporter sans taxes des marchandises d'une valeur totale de 430 € (150 € pour les moins de 15 ans). Au-delà, il faut les déclarer et payer la TVA et les droits de douane ; un tapis cher dépasse vite ce seuil. Les quantités de tabac (200 cigarettes) et d'alcool (1 litre d'alcool fort, 4 litres de vin, 16 litres de bière) s'ajoutent à cette franchise. Les produits à base de viande ou de lait, comme le sucuk, la pastırma ou les fromages, sont interdits à l'entrée dans l'Union européenne. Les contrefaçons, sacs et montres de marque vendus à bas prix, sont saisies par la douane et exposent à une amende.
Dernier détail pratique : le miel, l'huile d'olive et l'eau de rose sont soumis à la limite des liquides de 100 ml en cabine ; mettez-les en soute, bien emballés.
Pour aller plus loin
Avant de partir faire vos achats, relisez notre guide argent, paiement et pourboire à Istanbul et les pièges recensés dans arnaques et sécurité à Istanbul. Pour combiner shopping et visites, le Grand Bazar et le bazar égyptien s'enchaînent dans l'itinéraire Istanbul en 2 jours, et le guide de Kadıköy vous emmène sur la rive asiatique, où les marchés sont moins touristiques. Pour intégrer vos achats à vos dépenses, consultez notre budget pour un voyage à Istanbul.








